Thursday, September 09, 2010
   
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Promouvoir les échanges pour une meilleure dynamique de la recherche

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LaPresse.tn, 29 juillet 2008, par I. Haouari -- Les compétences tunisiennes vivant à l'étranger jouent un rôle crucial en contribuant au développement et à la promotion de la recherche en Tunisie, et ce, par l'apport de leur savoir, leur savoir-faire et de leur expérience.

D'éminents professeurs et spécialistes faisant partie du fleuron de la recherche à l'étranger ont bien voulu nous livrer leurs impressions sur les formes que peut revêtir le partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, et ce, en marge des travaux du 3e Forum national des compétences tunisiennes à l'étranger, organisé hier à Tunis.

«Cela fait maintenant trente-six ans que je vis en France. J'ai effectué des études en aérodynamique ainsi qu'un doctorat en mécanique des fluides. Un partenariat fructueux s'est instauré, au cours de ces dernières décennies, entre le milieu universitaire tunisien et le milieu universitaire français. En effet, le pôle de recherche et d'enseignement supérieur de Marseille et qui comprend l'Université de Provence, l'Université de la Méditerranée et l'Université Paul-Cézanne s'est , ainsi,associé avec trois universités tunisiennes, à savoir l'Université de Tunis, l'Université d'El Manar et l'Université de Sfax, pour créer un collège doctoral paritaire. Chaque thèse soutenue dans l'une de ces universités porte le label Aix- Marseille Université. A côté de cela, il y aura également la création d'un laboratoire relevant du Centre européen de recherche en géosciences environnementales et qui travaillera sur les problématiques des sols, de l'eau, du traitement des déchets et de la préservation du littoral méditerranéen, en somme sur l'environnement de façon globale. Par ailleurs, les entreprises partenaires du pôle français de compétitivité «Risques environnementaux» s'impliqueront dans les activités de la technopole de Sfax, en contribuant au développement de projets sur la même thématique. La collaboration entre les compétences vivant à l'étranger et les compétences tunisiennes a de beaux jours devant elle».

Moncef Stambouli, professeur à l'Ecole Centrale de Paris et directeur du laboratoire génie des procédés et matériaux: «Je suis membre de l'Association des chercheurs et enseignants tunisiens à l'étranger fondée par feu Fakhreddine Ben Hamida. Cette association s'inscrit dans l'esprit de coopération et de partenariat qui lie les compétences tunisiennes résidant à l'étranger et le milieu universitaire tunisien. L'association a pour but de jeter un pont entre les deux rives de la Méditerranée. Un de nos objectifs au sein de cette association consiste à identifier les expertises et les compétences françaises amies de la Tunisie qui nous font profiter de leur expérience et nous aident à établir des stratégies de recherche. Les professeurs universitaires tunisiens résidant à l'étranger comme moi et qui oeuvrent au sein de cette association encadrent, par ailleurs, souvent en co-tutelle, des thèses d'étudiants tunisiens. A titre d'exemple, j'encadre, en cotutelle, des thèses d'étudiants qui suivent des études à la faculté des sciences de Bizerte. Ces étudiants peuvent alors bénéficier de mon réseau de professeurs et de laboratoires. S'agissant de la contribution de l'association à la promotion de la recherche, après que la Tunisie a identifié des axes stratégiques de recherche, nous sommes à même d'identifier des compétences et des experts étrangers qui peuvent apporter leur expérience et leur savoir-faire pour mener à bien l'accomplissement de ces axes stratégiques. En tant que compétences tunisiennes vivant à l'étranger, nous sommes également impliquées dans l'évaluation des laboratoires et des unités de recherche tunisiens qui est pilotée par le Comité national d'évaluation des activités de recherche. Il faut comprendre que cette contribution n'est pas un service mais un devoir et un simple retour sur investissement au profit de la Tunisie».

Dr Hédi Hadhri, ingénieur en informatique à Munich et président fondateur de l'Association des compétences tunisiennes: «J'ai fait des études d'ingéniorat ainsi qu'un troisième cycle en mathématiques appliquées à l'Ecole nationale des ingénieurs de Tunis, puis j'ai commencé à travailler au sein du pôle techonologique de la Cité El Ghazala avant d'intégrer une entreprise spécialisée dans le domaine de l'industrie automobile située à Bavière. Beaucoup de compétences tunisiennes exercent à l'étranger. Mon objectif, en fondant l'Association des compétences tunisiennes, est de pouvoir tisser un réseau entre ces compétences et de développer une collaboration fructueuse entre les compétences tunisiennes vivant en Tunisie et celles vivant à l'étranger afin de contribuer au développement et à la promotion de la recherche en Tunisie. Nous avons, d'ailleurs, déjà défini les objectifs de l'association qui aura pour missions de faciliter la collaboration entre les compétences tunisiennes basées autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, en vue de participer, dans un effort commun, au développement de la science, des technologies et du savoir tunisien dans tous les domaines. Il s'agira, par ailleurs, de répondre aux besoins académiques de l'université tunisienne, d'encadrer et de prendre en charge des étudiants boursiers qui vont étudier à l'étranger. Une des missions de l'assocation consistera, en outre, à aider des diplômés d'universités tunisiennes à poursuivre des études approfondies à l'étranger. Nous mettrons à leur disposition une base de données comportant une liste des coordonnées des compétences tunisiennes évoluant dans différentes spécialités et résidant à l'étranger afin qu'ils puissent entrer en contact avec eux pour bénéficier soit d'une formation, soit d'un stage, soit d'une direction de thèse».

Mansour El Feki, professeur à l'Université du Québec et directeur de l'Institut canadien de sexologie et de bien-être: «J'ai effectué mes études doctorales en Europe et je me suis ensuite spécialisé en sexologie clinique au Canada. Je pense que les compétences tunisiennes à l'étranger doivent servir de point d'ancrage en tant que vecteur de transfert d'expérience et de savoir-faire. Le partenariat entre les compétences tunisiennes à l'étranger et la Tunisie doit revêtir, à mon avis, la forme de flux d'échanges. Des professeurs universitaires enseignant à l'étranger peuvent venir également enseigner dans les universités tunisiennes tandis que des étudiants tunisiens peuvent effectuer des stages de recherche à l'étranger. Il faut, aussi, penser à réseauter la recherche et à développer la collaboration entre le milieu industriel et celui de la recherche, en impliquant davantage les hommes d'affaires qui doivent investir dans le développement de la recherche».

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